Gérer les effets de la distanciation sociale sur la santé mentale

Pour Carolina Osorio, psychiatre gériatrique à l’Institut de santé comportementale de l’Université de Loma Linda, travailler avec des gens qui se sentent isolés n’a rien de nouveau. « La solitude peut être toxique pour le corps. Nous le voyons chez nos patients âgés, mais nous savons qu’elle peut affecter quiconque est déconnecté de son entourage. »

Voici donc quelques conseils pour gérer les craintes et la solitude ou l’isolement durant la distanciation sociale ainsi que des idées pour demeurer en lien avec votre communauté.

1. Utiliser les plateformes numériques

D’après la Dre Osorio, ce n’est un secret pour personne que la solitude affecte notre santé, et les États-Unis étaient déjà plongés dans une épidémie de solitude, même avant le début de la crise de COVID-19.

« La solitude est une menace à la santé publique, au même titre que l’obésité et la toxicomanie. D’après la science, les gens seuls ont plus de chances de tomber malades, de voir leurs capacités cognitives diminuer et de mourir plus tôt que les gens dont la vie sociale est active. »

La société étant maintenant appelée à pratiquer la distanciation sociale, il est devenu encore plus difficile pour ceux qui vivent seuls de socialiser avec leurs amis et les membres de leur famille. C’est d’ailleurs ce qui a inspiré la formation de groupes qui tentent de rendre la communication numérique plus significative. « Nous encourageons nos patients à dire “distanciation physique” plutôt que “distanciation sociale” afin qu’ils n’excluent pas les interactions qui sont possibles grâce à la technologie », a expliqué la Dre Osorio.

La COVID-19 a facilité un peu le dialogue sur la solitude et la compréhension du sentiment de solitude. Un afflux de ressources aide les gens à entrer en relation en ligne, surtout durant cette période d’isolement. Elle recommande donc la recherche de groupes de soutien virtuels avec des gens qui sont sur les différentes plateformes de réseaux sociaux ou même d’accéder aux ressources en ligne d’un établissement de soins de santé.

Des établissements de santé comportementale, comme l’Institut de santé comportementale de l’Université de Loma Linda, offrent des programmes en ligne de consultation externe pour adultes. Ainsi, vous pouvez être en contact avec des experts de santé mentale et vous joindre à un groupe dont les membres vivent des expériences semblables aux vôtres.

2. Prendre le téléphone

Selon la Dre Osorio, il faut bien comprendre que la solitude et l’auto-isolement sont deux choses différentes. « La première est le sentiment d’être seul ou loin des autres alors que le second se réfère à la séparation physique entre les personnes. »

Alors que le monde traverse de grands moments d’incertitude, les niveaux d’anxiété augmentent, beaucoup de gens ressentent de la tristesse et de la dépression aggravées par le fait d’être seul et les personnes anxieuses se sentent particulièrement vulnérables. Et lorsque nous sommes anxieux, il est normal de vouloir être entouré d’autres personnes, mais c’est actuellement impossible, a-t-elle expliqué.

« Le fait de parler de ses préoccupations et des sources précises de ses angoisses avec une personne de confiance aide beaucoup de patients anxieux. C’est même l’une des meilleures façons de réduire l’anxiété ainsi que les sentiments de solitude et d’ennui durant l’isolement. »

3. Trouver des moyens de se détendre

Pour gérer les effets indésirables de la distanciation sociale, la Dre Osorio suggère la relaxation du corps par des activités calmantes : la respiration profonde, les étirements, la prière et tout ce qui inspire la joie.

Si vous avez une tâche difficile ou stressante à accomplir, tentez de l’entourer d’activités plus agréables, comme parler à des amis ou à votre famille et pratiquer la reconnaissance intentionnelle.

« Comme il y a des effets secondaires physiques aux problèmes de santé mentale, les activités qui détendent le corps peuvent détendre aussi l’esprit. Faites 30 minutes de votre exercice préféré, prenez votre collation préférée ou regardez une émission de télévision, tout ce qui vous aidera à relaxer. »

La version originale de cet article a été publiée sur le site de nouvelles de Loma Linda University Health.

Traduction : Marie-Michèle Robitaille