Histoire du Mouvement Adventiste dans le monde

1. Les débuts
L’identité de l’Église Adventiste ne peut être établie indépendamment de son histoire. Il convient de la situer dans le prolongement d’un vaste mouvement prophétique parti du Wurtemberg, en Allemagne, à la fin du dix-huitième siècle. La Révolution française, les guerres qui l’accompagnèrent, l’expansion industrielle, constituèrent le ferment d’un immense réveil religieux.

Ce mouvement émigra en Angleterre puis en Amérique du Nord et embrasa tous les États confédérés. Dans le cadre de grandes assemblées sous la tente, des prédicateurs appelèrent les foules à se réformer, et l’éveil du sentiment religieux déboucha sur la création de grandes sociétés missionnaires protestantes en terres païennes.

Au cours de la première moitié du XIXe siècle, de nombreuses sociétés religieuses et missionnaires sont fondées et un grand mouvement d’expansion du protestantisme militant produit des missionnaires tels que Carey, Livingstone, Guttzlaff, Williams, Coillard.

Le XIXe siècle peut être considéré comme le grand siècle de la mission protestante en terre païenne.
Quel sens fallait-il donner à cette accélération de l’histoire ?
La fin du monde était-elle proche ?

Une cinquantaine de groupes, dont dix-sept aux États-Unis, tentèrent de répondre à ces questions brûlantes. Parmi eux, les Millérites dont sont issus les adventistes du septième jour.

William Miller, au travers de son étude du livre biblique de Daniel, fut convaincu que la fin du monde devait avoir lieu en 1843, 1844. Accrédité par dix-sept pasteurs de confessions protestantes différentes (baptistes et méthodistes pour la plupart), il convainquit plus de cent mille personnes à attendre avec foi le retour du Christ pour ces dates.

Ce fut une erreur puisque le Christ précisa au sujet de son retour glorieux que « nul ne sait ni le jour ni l’heure » (Matthieu 24.36)

Après cette grande déception, les Millérites reconnurent leur erreur quant à l’interprétation de l’événement.
Un bon nombre réintégra les Églises d’origine et le reste s’éparpilla en petits groupes dont le plus important devint l’Église adventiste. Celle-ci se situe ainsi dans un mouvement qui prit au XIXe siècle une quadruple dimension : un retour à l’étude personnelle des Écritures, la réforme des mxurs, l’expansion missionnaire, et l’attente du retour du Christ.

2. L’unité
Nombre de croyants sont rejetés de leurs Églises pour avoir partagé les vues du baptiste William Miller. Quelque peu désorientés, ils se retrouvent pour prier ensemble et étudier la Bible. Ils se regroupent autour de Joseph Bates, Hiram Edson, James White et des hommes cultivés tels que John Andrews, John Loughborough et Uriah Smith. En 1861, ils sont déjà 3 500 regroupés dans 125 églises et conduits par 30 pasteurs. Ils se dotent alors d’une organisation administrative et se donnent le nom d’Église adventiste du septième jour.

Une femme, du nom d’Ellen White, épouse du pasteur James White, joue un rôle important dans les grandes orientations du mouvement. Visionnaire, elle écrit de nombreux ouvrages (45000 pages dactylographiées) et contribue à l’évolution de la jeune Église dans plusieurs domaines particuliers.

Elle lutte contre le fanatisme et encourage l’organisation démocratique du mouvement. Elle recommande la pratique d’une vie saine, l’abstinence de tabac et d’alcool, et elle est en faveur d’une médecine naturelle et préventive. Elle enseigne la tolérance, dénonce l’esprit sectaire et incite les croyants à toujours se référer aux textes bibliques.
D’origine méthodiste, son attachement au sola scriptura en fait une protestante active.

Elle stimule la mission mondiale en se rendant elle-même en Europe et en Australie. Consciente de l’importance de l’éducation de la jeunesse, elle est à l’origine de ce qui est aujourd’hui le premier système scolaire protestant dans le monde. Dès le départ, elle encourage son mari à se servir de l’imprimerie pour soutenir le petit groupe de croyants et recommande la création de maisons d’édition.

Le mouvement connaît des crises de croissance. Des personnalités importantes font défection, des questions doctrinales se posent, mais l’unité de l’Église est préservée et bientôt, le mouvement adventiste prend une dimension mondiale.

3. Le développement
Les premiers adventistes sont localisés en Nouvelle-Angleterre. Ils n’envisagent pas d’extension en dehors des États-Unis. Mais leurs publications commencent à se répandre dans le monde et des appels de lecteurs passionnés leur parviennent. En 1874, un premier missionnaire est envoyé en Suisse. Il ouvre une imprimerie à Bâle et diffuse, dans toute l’Europe, les convictions adventistes.

En 1877, une communauté se constitue en Italie, une autre, dix ans plus tard, en Hollande. À la fin du XIXème siècle, il y a près de dix mille adventistes en Europe. En 2008 l’église Adventiste se compose de 15 921 408 membres baptisés. Puis c’est l’Australie, en 1885, où une communauté de 90 membres se crée à Melbourne en moins d’une année.

Le message adventiste parvient en Amérique du Sud à la suite d’une correspondance entre des Vaudois du Piémont et leurs coreligionnaires émigrés en Argentine, de sorte qu’en 1895, une première communauté est organisée dans ce pays. Dans toute l’Amérique centrale, des colporteurs vendent des Bibles et étudient les saintes Écritures dans les foyers.

En Orient, la foi nouvelle se répand d’abord parmi les colons anglais de la côte indienne. L’Afrique est atteinte par le sud au travers de colons hollandais.

L’Église adventiste est aujourd’hui présente dans 204 pays à travers le monde. Elle souhaite proclamer « un Évangile éternel pour l’annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, tribu, langue et peuple  » (Apocalypse 14.6). Elle est convaincue que le message de l’amour de Dieu doit dépasser toutes les barrières nationales, ethniques ou culturelles. Pour remplir cette mission, le mouvement adventiste réalise des projets religieux, éducatifs, sociaux et médicaux.

Il s’adapte maintenant à la nouvelle ère de communication en entrant dans le monde d’Internet et en diffusant l’Évangile par satellite.